Iaïdo

HISTORIQUE DU IAÏDO

L'efficacité historique

De nos jours, lorsque nous parlons de l'efficacité d'une technique, il s'agit bien souvent de notion théorique, du moins pour certains arts martiaux. L'efficacité des disciplines de combat, telles que le Karaté, le Jiu-jitsu ou l'Aïkido (pour ne nommer que celles-ci), a, par le passé, été mise à l'épreuve et les résultats étaient plus que concrets. De nos jours, cette efficacité peut toujours être « testée » dans certaines situations, mais sans vraiment en exploiter tout le potentiel. Celui qui voudrait en tester les limites devrait avec raison subir les conséquences du Code pénal.

Pour une discipline comme l'Iaïdo, bien que largement expérimentée par le passé, son efficacité peut difficilement être appliquée de nos jours, du moins au katana. Il faut alors développer une approche différente. De là provient toute la différence entre l'Iaï-jitsu et I'Iaï-do. On peut bien entendu pratiquer l'assaut avec les bokens (sabre de bois), mais l'âme du « Iaï » qui consiste à pourfendre en dégainant ou à mettre l'adversaire hors de combat le plus rapidement après le dégainé-esquive, perd tout son sens. Le pratiquant d'Iaïdo recherche donc la finesse du mouvement, se traduisant par un mouvement fluide qui s'harmonise à la vitesse d'exécution. Lorsque le mouvement prend forme, il se doit d'être décisif, car toutes hésitations ou coupures du rythme donnent une ouverture à l’adversaire.

La finalité de la technique repose sur le fait qu'il faut entrer à l'intérieur d'un cercle imaginaire délimité par la portée du sabre adverse, afin de pouvoir y porter un coup, tout en évitant d'en recevoir un. C'est pourquoi, lors des duels de l'époque féodale japonaise, deux opposants pouvaient demeurer en garde, de nombreuses minutes, attendant pour attaquer la faille dans la concentration de l'adversaire. Dès qu’il y avait une faiblesse où un manque de concentration, c'était l'attaque foudroyante de l'adversaire. C'est pourquoi la concentration est si importante en Iaïdo. L'adversaire étant imaginaire, l'esprit de visualisation devient donc très important afin de « vivre la technique et la sentir ».

Style Yoseikan

Sous la supervision du Kyoshi Jacques Fournier, l'« Iaïdo Yoseikan » est grandement influencé par la pratique du Maître Hiroo Mochizuki du Yoseikan Budo, qui a mis au point 20 techniques applicables pour différents types d'attaques. Ce dernier a d'ailleurs enseigné ses techniques à Kyoshi Fournier qui s'est empressé de les maitriser, tout en les approfondissant. Parmi les vingt techniques enseignées, les dix premières sont applicables pour des attaques provenant de l'avant, les cinq suivantes pour des attaques de la droite et les cinq dernières provenant de la gauche. Chaque technique est exécutée au katana et mise en application avec le boken (sabre de bois) avec un attaquant. En enchaînant les techniques, une à la suite des autres, sans remettre le sabre au fourreau, on obtient un kata. Le même kata est aussi fait au boken avec plusieurs adversaires.

Avec le temps et plus de 12 ans de pratique, une évolution a permis d'adapter et modifier quelques-unes des techniques, afin d'évoluer selon la vision de Kyoshi Fournier et ses élèves, tout en conservant le style et les bases enseignés par leur fondateur. La pratique des techniques à l'aide du boken prend maintenant autant de place que celle au katana. Les techniques s'exécutent debout avec des adversaires qui sont devant nous (technique #1 à 10), à notre droite (#11 à 15) ou à notre gauche (#16 à 20). Chaque groupe de 5 techniques permet, en les assemblant une à la suite de l'autre, d'exécuter un kata qui sera utilisé pour l'obtention de grade. Le port du hakama traditionnel bleu est de mise, avec un « Gi » blanc pour les gens qui débutent. Dès l'obtention de grade Shodan, le port du Iaïdogi bleu traditionnel est autorisé.

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